L’AMD K7, un Alpha demain dans votre PC ? (02/1999)

AMD K7 : de l’ALPHA dans votre PC ?

Depuis l’arrivée sur le marché du K6, AMD est le seul véritable concurrent d’Intel à avoir su proposer une alternative fiable, performante et bon marché à la politique élitiste du leader dans le domaine du microprocesseur pour PC.

La sortie du K6-2 et de son nouveau jeu d’instructions multimédia 3DNow! a permis de redynamiser le marché des machines à base de Socket 7 (support des Pentium, Pentium MMX, K6, 6×86, MII…) violemment mis à mal par le Pentium II et sa nouvelle architecture Slot 1, propriété exclusive d’Intel. Désormais rebaptisé Super 7 grâce à l’acquisition du bus CPU à 100 MHz et de l’AGP, le Socket 7 revient taquiner les parts de marché du Pentium II. Ce phénomène devrait s’amplifier avec la sortie imminente du K6-3 (nom de code Sharptooth)
qui embarquera 256 Ko de mémoire cache de second niveau directement intégré au processeur (le gain annoncé serait de 20 à 30% par rapport au K6-2 à fréquence égale).

Mais les ambitions d’AMD ne s’arrêtent pas là. Le 13 octobre 1998, AMD a impressionné les visiteurs du Microprocesseur Forum 1998 (San Jose, Californie) en dévoilant les secrets de sa prochaine arme : le K7, qui devrait être lancé durant la première moitié de 1999.

Présentation du K7 :

Ayant déjà repoussé la mort prématurée du Socket 7 voulue par Intel, AMD à cette fois décidé qu’il était temps de changer d’architecture. L’architecture Slot 1 du Pentium II est vigoureusement protégée par Intel, qui n’a autorisé aucun de ses concurrents à l’utiliser pour éviter de se retrouver dans la même situation qu’avec le Pentium et ses nombreux clones (Cyrix, AMD, IDT…). Dans cette optique, le raisonnement d’AMD a dû être approximativement le suivant : quitte à adopter une nouvelle architecture, autant faire mieux qu’Intel tout en réutilisant tout ce qu’on peut.

Le résultat est un microprocesseur qui utilise le bus CPU EV6 mis au point par Digital pour ses processeurs Alpha, tout en utilisant la structure mécanique du Slot 1 d’Intel. Pour simplifier, le K7 se fixera sur la carte mère grâce aux mêmes morceaux de plastiques qu’un PII, mais son fonctionnement est complètement différent. Cela permet aux constructeurs de cartes mères d’élaborer de nouveaux produits destinés au K7 tout en évitant le surcoût qu’aurait induit l’utilisation d’un support entièrement nouveau.

L’avantage de ce bus le plus simple à comprendre est premièrement sa vitesse :
tournant à 200 MHz pour le K7, il offre une bande passante phénoménale par rapport à son concurrent. Une des conséquences de cette vitesse sera la nécessité d’utiliser un nouveau type de RAM (direct RDRAM ou DDR SDRAM). De plus, le bus EV6 est spécialement optimisé pour les architectures multiprocesseurs,  grâce à une technologie appelée ‘Point-to-Point Topology’.

Le K7 sera produit en technologie 0.25 µm (utilisée depuis le K6) et sera propulsé dès sa sortie à des fréquences de 500 MHz et plus. Cette vitesse de 500 MHz est déjà atteinte dans leurs laboratoires, et on pourra donc s’attendre à des vitesses bien supérieures rapidement après la sortie.
L’unité de calcul d’entiers est composée de trois unités d’exécution parallèles alimentées par un scheduler pouvant contenir 15 Macro-opérations (instructions x86 complexes composées de 1 ou 2 micro-opérations).

L’unité de calcul de flottants a toujours été le point faible des concurrents d’Intel. Elle a donc été cette fois sujette d’une attention particulière. Pas moins de 3 pipelines parallèles ont été attribués au calcul flottant et multimédia (MMX et 3DNow!).

La mémoire cache est vitale pour obtenir de bonnes performances quand on atteint de telles fréquences et un si fort parallélisme. Le K7 sera doté de 128 Ko de cache de premier niveau (64 pour les données, 64 pour les instructions). Pour référence, sachez que le Pentium II ne possède que 32 Ko de mémoire cache de premier niveau (16 pour les données, 16 pour les instructions).

La mémoire cache de second niveau sera cette fois intégrée au boîtier du processeur. 512 Ko seront implantés dans la puce même, et jusqu’à 8 Mo (!) pourront être atteints en ajoutant des modules sur le support, à la manière du Pentium II.

Conclusion :
Le K7 semble être très prometteur. Il nous reste plus qu’à attendre les
spécifications de son concurrent direct qui devrait être le Katmaï d’Intel avec
son nouveau jeu d’instructions multimédia (KNI) pour pouvoir juger de la
compétitivité de chacun. D’autres facteurs entreront en jeu durant cette
bataille :

– Les développeurs seront déjà habitués au 3DNow!, la plupart des jeux en cours de développement seront optimisés pour ces instructions. Suivront-ils la vague KNI ? Intel aura certainement des arguments convaincants, mais qui sait …

– Intel a entamé une politique anti-overclocking. Les prochains processeurs Intel sortiront avec une EPROM qui empêchera la carte mère de faire tourner le processeur avec des réglages différents de ceux pour lesquels ils sont vendus.

– AMD de son côté a exprimé sa volonté de laisser à ses clients le choix de suivre ou non les réglages recommandés pour ses processeurs. Quelle est la préférence de la clientèle grand public ?

– Bien sûr, Intel reste une structure de poids, et il ne fait pas de doute que les bonshommes en scaphandre rose fluo feront tout pour vanter les mérites des CDROMs 3Ds connectés à INTERNET par technologie exclusive que y a que Intel qui sait le faire :-)))